23/07/2026
« Je n’ai pas de voiture, donc je ne peux pas y aller. » C’est une phrase que l’on entend souvent sur notre territoire, que ce soit pour accepter un emploi, suivre une formation ou se rendre à un stage. Pourtant, ne pas avoir de voiture ne signifie pas ne pas pouvoir se déplacer. Il existe une multitude de solutions, à combiner entre elles, pour lever ce frein. C’est ce qu’on appelle la mobilité multimodale : utiliser plusieurs moyens de transport, parfois complémentaires, en fonction de ses besoins et de ses ressources.
Pourquoi la mobilité reste un frein majeur à l’emploi
Sur un territoire rural comme le nôtre, les transports en commun ne couvrent pas toujours les horaires décalés (tôt le matin, tard le soir, le week-end) qu’exigent de nombreux métiers : construction, HORECA, aide à domicile, industrie… Résultat : des personnes qualifiées et motivées renoncent à un emploi ou à une formation, faute de pouvoir s’y rendre.
Or la mobilité ne se résume pas à « avoir une voiture ou pas ». Elle repose sur plusieurs dimensions qui se combinent :
- des ressources concrètes (un vélo, un smartphone, une connexion internet, un réseau de bus ou de train à proximité)
- des compétences (savoir lire un horaire, organiser un trajet, se repérer)
- et parfois des freins psychologiques (peur de se déplacer seul·e, appréhension à demander de l’aide, manque de confiance)
Faire le point sur sa propre mobilité
Avant de chercher des solutions, il est utile de faire un état des lieux. Le projet européen Mob’In Europe, porté notamment par la Fédération CAIPS, a développé des outils simples pour ça, pensés pour être utilisés seul·e ou avec l’aide d’un accompagnateur social ou d’un conseiller emploi.
Parmi eux, le livret « Profil Mobilité » et le site Mob’In Europe – Espace Apprenants permettent, sous forme de questionnaire à cocher (façon quiz), d’identifier concrètement :
- ses ressources actuelles pour se déplacer à pied, à vélo, en bus, en train, en voiture, en covoiturage ou via internet
- ses freins et besoins : santé, équipement, budget, formation, stress, ou manque d’infrastructures près de chez soi
L’intérêt de cet outil, c’est qu’il ne se limite pas à un diagnostic. Pour chaque type de difficulté identifiée, il propose des pistes de solutions concrètes; taxi social, bourse aux vélos, covoiturage, atelier vélo solidaire, transport à la demande, auto-école sociale, service d’aide psychologique en cas de peur de se déplacer seul·e, etc.
Le site Mob’In Europe propose une fiche pratique par mode de transport (marche, vélo, micro-mobilité, bus, train, voiture, deux-roues motorisés).
Des solutions à combiner selon sa situation
Voici quelques pistes concrètes pour se déplacer autrement qu’en solo au volant :
- Le vélo (classique ou électrique) : pour les trajets courts ou en complément d’un trajet en bus/train. Des bourses aux vélos et ateliers vélo solidaires permettent de s’équiper à moindre coût et d’apprendre à entretenir son vélo.
- Le covoiturage et les véhicules partagés : utile quand on connaît quelqu’un qui fait le même trajet, ou via des plateformes en ligne.
- Le transport à la demande et le taxi social : des solutions collectives, souvent sur réservation, pour les zones mal desservies par les lignes régulières.
- Les aides financières : aide sociale, crédit social, ou aides spécifiques liées à la recherche d’un emploi peuvent alléger le coût des déplacements.
- Les formations : apprendre à faire du vélo en sécurité, se remettre à niveau en lecture/calcul pour lire un horaire, suivre une formation FLE, ou encore préparer son permis via une auto-école sociale.
- Le soutien psychologique ou le développement personnel, quand la peur de se déplacer seul·e est le principal frein — un aspect trop souvent oublié, mais bien réel.
Le rôle clé de l’accompagnement
Ce qui ressort de ces outils, c’est que la mobilité ne se résout pas seul·e dans son coin. C’est dans le dialogue avec un conseiller emploi, un accompagnateur social ou un formateur que la personne peut identifier les services réellement présents près de chez elle, et transformer un frein en solution.
C’est précisément l’esprit dans lequel nous travaillons au sein de l’Académie : accompagner chacun·e — jeunes, chercheurs d’emploi, travailleurs en reconversion — à identifier les leviers concrets qui existent sur notre territoire, mobilité comprise, pour accéder à l’emploi et à la formation.
En pratique
Vous accompagnez un public en difficulté de mobilité, ou vous êtes vous-même concerné·e ?
- Le livret Profil Mobilité est téléchargeable gratuitement et peut être complété seul·e ou avec un accompagnateur.
- Le site mobineurope.eu propose des fiches pratiques par mode de transport.
- Le projet mobilité du GALFHA peut également vous accompagné, prenez contact à cl@movia.info ou au 087/18.75.27